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Si le programme, conçu pour donner un coup de pouce aux finances publiques sénégalaises dans le rouge, doit encore être soumis à approbation du FMI à Washington, il suscite déjà de nombreuses interrogations auprès des citoyens sénégalais et des opérateurs économiques. Pour décrocher cet accord, le Sénégal a accepté de traiter sa dette, c’est-à-dire de négocier avec un certain nombre de créanciers pour la rendre soutenable.

Seule la dette en euros et en dollars va être soumise à renégociation. Reste exclue, pour le moment, la dette régionale libellée en CFA. Dans l’immédiat, cela permet au Sénégal d’éviter de fragiliser le système bancaire régional et de continuer à emprunter sur le marché régional.

Le ministère de l’Économie et des Finances a d’ailleurs déjà annoncé vouloir faire trois appels publics à l’épargne dans les prochains mois pour lever des fonds.

Cette stratégie d’endettement régional reste risquée. La dette en CFA – multipliée par 5 en cinq – a augmenté de 34% en 2025 pour représenter plus du tiers du stock de la dette à la fin de l’année dernière (–35% selon le ministère de l’Économie et des Finances–) avec des taux d’intérêts relativement élevés (entre ,4% et 8,3%). Le Sénégal n’est donc pas à l’abri d’une restructuration de cette dette intérieure d’ici quelques mois assurent les analystes joints par RFI.

De multiples créanciers 

En quoi vont consister les discussions ? Le ministère de l’Économie et des Finances confirme qu’un reprofilage, c’est-à-dire un report du paiement de certaines échéances sera demandé. Il reste flou par contre sur de possibles demandes de réductions des montants à rembourser.

Les discussions ne seront en tout cas ni simples, ni rapides au vu du nombre de créanciers différents, à savoir la Chine et la France, mais aussi des détenteurs d’eurobonds et des banques commerciales aux intérêts tous différents. Or il faut avancer vite, car le Sénégal a promis de continuer à honorer ses échéances et l’avancée des négociations avec ses créanciers conditionnent l’obtention du prêt avec le FMI.

Enfin reste la question du coût social de cet assainissement des finances publiques.

i le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a promis 300 milliards de FCFA pour apurer les dettes auprès des entreprises publiques – et que l’accord ne va pas provoquer des coupes dans les secteurs sociaux comme la santé et l’éducation – il a aussi prévenu que les subventions à l’électricité seront revues pour bénéficier aux familles qui en ont vraiment besoin. « 65% de la subvention est allouée aux consommateurs les plus aisés », a expliqué Cheikh Diba devant la presse cette semaine, estimant cette situation « inéquitable et difficilement tenable

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