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Mesdames, Messieurs les Chefs de partis et mouvements politiques ;
Mesdames, Messieurs les représentants de la Société civile ;
Messieurs les représentants des familles religieuses ;
Chers Congressistes ;
Chers Invités ;
Mesdames, Messieurs, en vos rangs, titres et fonctions ;
Nous sommes réunis aujourd’hui dans un moment important de la vie de notre plateforme politique. En effet, nous sommes réunis en ce jour solennel pour acter l’ouverture d’un nouveau chapitre de notre engagement politique. Le Congrès constitutif de notre parti, Taxawu Senegaal, n’est ni un simple rassemblement partisan, ni une cérémonie de convenance. Il est un acte fondateur.
Le thème central de ce Congrès traduit cette mutation fondamentale au terme d’un processus inclusif et définit en même temps notre vision pour notre cher pays. Il est l’expression de notre volonté collective : celle de redonner à la politique sa noblesse, à l’État sa dignité, à la République sa rigueur et au Peuple sa souveraineté.
« De la plateforme au parti politique : repenser le contrat social pour un Sénégal souverain, juste, solidaire et prospère. »
Ce thème nous parle, nous interpelle et nous oblige. Il nous oblige à donner un nouveau souffle à notre engagement.
Chers camarades,
L’histoire de la plateforme politique Tawaxu Senegaal est faite d’aventures souvent heureuses, parfois malheureuses. Elle est jalonnée de victoires, de doutes et d’échecs. Elle est marquée par de belles rencontres, des séparations douloureuses mais aussi par des retrouvailles sincères. C’est pourquoi, j’ai souvent répété que «Taxawu Senegaal est une famille qui est née dans la douleur, a grandi dans l’épreuve et vaincra dans l’éclat. »
J’ai la conviction profonde et inébranlable que l’heure de notre consécration approche. Je ne nourris aucun doute quant au fait que le chemin que nous avons emprunté, souvent semé d’épreuves, de sacrifices et d’adversités, sera bientôt couronné d’honneur et de succès. Ce Congrès en constitue l’acte fondateur. Il marque avec éclat l’enracinement de notre engagement, la solidité de nos convictions et la maturité de notre projet collectif.
Parce que nous avons toujours porté notre conviction en bandoulière, nous n’avons jamais faibli face aux multiples défis.
Oui, camarades, nous avons souffert ensemble. Mais, ces épreuves ont forgé notre résilience. Nous avons résisté aux assauts de tous bords et aujourd’hui, nous célébrons l’espoir de voir notre plateforme, en parfaite communion avec des partis et mouvements politiques et citoyens, devenir un parti politique légalement constitué.
C’est donc le lieu de rendre un vibrant hommage à ces femmes et à ces hommes qui ont compris qu’en politique, l’addition est la meilleure des opérations. Cette fusion organique, fruit de multiples concessions et de dynamiques compromis, est un bel exemple d’unité, de solidarité et de pragmatisme politique.

  • Chère Madina Thiam
  • Cher Khadim Diop
  • Cher Moctar Bâ
  • Cher Ibrahima Sarr
  • Cher Samba Wagne
    A présent que nous sommes ensemble dans une seule et même entité politique, nous sommes des camarades au sens socialiste du terme.
    J’entends déjà les politico-sceptiques dire : « encore un nouveau parti »
    Mais que non !
    Nous ne sommes pas un parti de plus. Créer ce parti n’est pas ajouter un sigle à une liste déjà longue. Taxawu Senegaal se réunit non pas pour flatter les consciences assoupies, mais pour regarder la vérité en face et ouvrir le chemin du redressement.
    Notre parti est le point de rencontre de tous ceux qui font vivre le Sénégal. Pour nous, les jeunes ne sont plus des spectateurs mais les décideurs et les femmes ne sont plus de simples soutiens mais les piliers de notre organisation.
    Ce parti est celui du paysan qui, par la noblesse de son labeur, nourrit la Nation ; celui de l’ouvrier qui, pierre après pierre, bâtit nos villes et façonne notre développement ; celui du travailleur qui, dans l’effort quotidien, fait vivre et prospérer notre économie. Il est également celui de l’étudiant qui, dans le silence des amphithéâtres et la rigueur du savoir, prépare les victoires de demain ; celui de l’enseignant qui, par la transmission du savoir et l’éveil des consciences, arme les générations futures des instruments de leur émancipation et de leur réussite.
    Mais ce parti est aussi celui de la diaspora, de ces femmes et de ces hommes debout au-delà des frontières, porteurs d’espoir et de ressources, trait d’union stratégique entre nos racines profondes et l’horizon du monde.
    En rassemblant sans distinction toutes les catégories socioprofessionnelles ainsi que l’ensemble des couches sociales de notre pays, nous ne donnons pas naissance à une formation politique supplémentaire. Nous bâtissons un espace de rassemblement où chaque Sénégalais, indépendamment de sa condition, de son métier ou de son lieu de vie, trouve pleinement sa place dans la définition du destin collectif et les conduites des orientations majeures de la Nation.
    Mesdames, Messieurs ;
    Chers Congressistes ;
    Chers Invités ;
    Taxawu Senegaal se rassemble à une heure décisive de notre trajectoire nationale, dans un monde traversé par les doutes, les fractures et les périls. Notre pays sort d’une séquence politique intense, marquée par la dernière élection présidentielle. Cette échéance fut, pour notre peuple, bien plus qu’un scrutin, elle fut un moment de tension démocratique, un test institutionnel, une confrontation entre l’aspiration populaire au changement et les pesanteurs d’un système politique malmené.
    Les conditions dans lesquelles cette élection s’est tenue resteront dans les mémoires comme le révélateur de nos fragilités institutionnelles : reports successifs, controverses juridiques, crispations politiques, soupçons sur l’impartialité de certaines institutions, fractures sociales profondes, pour ne citer que celles-là !
    Le peuple sénégalais a assisté, parfois inquiet, à des débats qui auraient dû être tranchés par la sérénité du droit et non par la brutalité des rapports de force ou par des subterfuges politiques.
    Malgré cela, le peuple a tranché dans les urnes. Il a rappelé que, dans une République digne de ce nom, la seule source légitime du pouvoir reste la volonté populaire.
    Mesdames, Messieurs ;
    Notre Congrès se tient dans un contexte marqué par des interrogations profondes, des difficultés réelles vécues au quotidien par nos compatriotes. Dans nos villes comme dans nos campagnes, dans les quartiers comme dans les villages, une seule réalité s’impose : les Sénégalaises et les Sénégalais ont le sentiment et même devrais-je dire la certitude que les promesses de justice sociale, de prospérité, de transparence tant vantées et théorisées tardent à se concrétiser.
    Les Sénégalais dans leur légendaire « soutoura » et leur dignité souffrent en silence.
    Les enseignants réclament plus de considération et de moyens.
    Les étudiants réclament des conditions d’études dignes à la place de la violence aveugle et arbitraire.
    Les travailleurs de manière générale exigent la revalorisation de leur statut et de meilleures conditions de travail.
    «Dans nos campagnes, le désarroi du monde paysan est palpable : entre précarité persistante, difficultés d’accès aux ressources et manque d’accompagnement structurant, beaucoup peinent désormais à entrevoir un avenir serein. »
    Nos paysans sont dans le désarroi total.
    Nos pêcheurs assistent, souvent avec inquiétude et désarroi, à l’épuisement progressif des ressources halieutiques dont dépend leur subsistance, pendant que l’avenir de tout un pan de notre économie maritime se trouve gravement menacé.
    Les femmes portent l’économie familiale avec héroïsme sans bénéficier de l’appui qu’elles méritent.
    La jeunesse doute et reprend la voie périlleuse des océans.
    Or, lorsqu’une jeunesse vacille, c’est toute la Nation qui tremble. Car une jeunesse sans cap annonce un avenir sans élan. L’emploi, au lieu d’être la norme, est devenue l’exception. D’ailleurs, à ce propos, on peut dire sans détour : « Des jeunes qui cherchent du travail, on en trouve ; des jeunes qui trouvent du travail, on en cherche »
    Notre économie reste confrontée à des défis majeurs : chômage des jeunes, coût élevé de la vie, précarité du secteur informel, endettement chronique et opaque, faiblesse de la transformation industrielle, absence d’investissements structurants etc.
    Mes chers camarades ;
    C’est dans ce contexte que nous avons choisi de nous rassembler autour du thème central : «Repenser le contrat social pour un Sénégal souverain, juste, solidaire et prospère ».
    Chers camarades ;
    Ce thème est un diagnostic mais il est aussi un engagement. Un diagnostic, parce qu’il nous oblige à regarder la réalité en face : notre modèle social montre des limites et les inégalités continuent de fragiliser la cohésion nationale.
    Un engagement, parce qu’il affirme notre volonté de construire autre chose : un Sénégal plus juste, plus équilibré, plus solidaire.

Repenser le contrat social signifie d’abord et avant tout :
Redonner à l’État sa vocation première, celle de servir l’intérêt général.
Nous croyons en un État impartial dans son action, sobre dans son fonctionnement et exemplaire dans sa gouvernance ; un État capable d’orienter la Nation avec lucidité et rigueur, de défendre l’intérêt général avec fermeté et de gérer les ressources publiques avec le sens élevé de la responsabilité et de l’exemplarité.

Repenser le contrat social, c’est garantir à chaque citoyen, sans distinction :

  • Un accès réel à une éducation de qualité ;
  • Un système de santé accessible et efficace ;
  • Des opportunités d’emploi dignes et durables ;
  • Une protection sociale renforcée face aux risques ;
  • Des territoires autonomes et viables, véritables leviers de développement.

Nous portons avec détermination l’exigence d’une égalité territoriale effective et concrète, afin qu’aucun village, qu’aucun quartier, qu’aucun département ne soit condamné à demeurer aux marges du destin national, relégué dans l’oubli par les seules logiques de la centralité ou du privilège géographique.
Nous portons une vision nouvelle de la décentralisation avec :

  • Des collectivités autonomes et responsables ;
  • Des budgets conséquents et transparents ;
  • Des maires et des présidents de conseil départemental bâtisseurs ;
  • Des territoires productifs, durables et attractifs ;
  • Une gouvernance de proximité fondée sur la participation citoyenne.
    Mesdames, Messieurs ;
    Chers Congressistes ;
    Repenser le contrat social, c’est aussi :
  • Garantir l’indépendance de la Justice
    Nous croyons en une justice indépendante, gardienne des libertés, garante de l’égalité devant la loi et rempart inviolable contre l’arbitraire. Nous affirmons notre attachement à des libertés garanties, pleinement exercées, protégées par les institutions républicaines et reconnues comme le socle vivant de la démocratie. Les sénégalais attendent une justice impartiale, accessible, rapide et égale. Ils ne veulent, ni justice sélective, ni justice lente pour les faibles et diligente pour les puissants. Il faut donc restaurer son autorité par des réformes courageuses : garanties d’indépendance, moyens renforcés, transparence des procédures, protection des magistrats et responsabilisation de tous les acteurs.
    Repenser le contrat social, c’est bien sûr :
  • Garantir le respect des Libertés individuelles et collectives
    Le Sénégal s’est longtemps honoré d’une tradition de libertés publiques enviée dans la région. Cette réputation doit être défendue avec intransigeance. La liberté d’expression, la liberté de presse, la liberté de manifestation pacifique, la liberté syndicale ne sont pas des faveurs accordées par un pouvoir, elles sont des droits garantis par la Constitution. Toute tentation de restreindre la contradiction démocratique, toute intimidation contre la presse, toute entreprise visant à fragiliser, museler ou marginaliser l’opposition constitue une atteinte irréparable au pacte démocratique, car une démocratie sans opposition viable n’est qu’une autocratie qui s’ignore.
    La République s’affaiblit chaque fois que l’autorité de l’État est détournée au profit d’une logique de domination politique.
    Repenser le contrat social, c’est encore :
  • Assurer la séparation effective des pouvoirs, signe évident de la vitalité démocratique
  • Préserver nos ressources naturelles et protéger l’environnement.
    Les ressources nationales, notamment énergétiques et minières, suscitent beaucoup d’espoir. Mais sans vision claire, sans bonne gouvernance et sans partage équitable, elles risquent d’enrichir quelques-uns sans transformer la vie du plus grand nombre.
    Mesdames, Messieurs ;
    Le monde traverse de graves turbulences : conflits armés, tensions géopolitiques, terrorisme, inflation, dérèglement climatique, migrations forcées, instabilité régionale…
    Du Proche-Orient à l’Europe, du Sahel à certaines régions d’Asie, les foyers de tension se propagent. Les institutions internationales peinent à prévenir les conflits ou à faire respecter les normes du droit international.
    L’Afrique, quant à elle, demeure trop souvent le théâtre des convoitises extérieures, des prédations économiques et des ingérences géopolitiques. La situation dans la sous- région nous interpelle et appelle de notre part un devoir de solidarité mais aussi une exigence de vigilance.
    Face à cette instabilité mondiale, notre pays doit parler d’une voix claire :
  • Défense de la paix et du multilatéralisme ;
  • Solidarité africaine concrète ;
  • Souveraineté économique ;
  • Sécurité régionale coordonnée ;
  • Diplomatie équilibrée et lucide ;
    En résumé,
    Chers Congressistes ;
    Chers Invités ;
    Repenser le contrat social, c’est placer l’Humain au cœur de l’action publique.
    Car, comme l’énonce la Charte de l’Organisation des Nations Unies, « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». La politique, lorsqu’elle est exercée dans sa noble acception, n’est pas une fin en soi ; elle est l’instrument par excellence au service du bonheur, de la dignité et de l’épanouissement de chaque membre de la communauté humaine.
    Ainsi se dessine une exigence sans compromis : faire de la dignité un socle et du bonheur collectif l’horizon indépassable de toute action publique.
    C’est pour répondre à ces défis que naît aujourd’hui notre parti Taxawu Senegaal. Et c’est pourquoi aussi, notre projet de société repose sur un triptyque structurant :
  • L’Humain
  • L’Eau
  • La Terre
    Nous croyons en une économie productive et distributive, créatrice de richesses, fondée sur le travail, l’innovation et l’investissement, où la prospérité se partage au bénéfice de tous.
    Nous croyons aussi à la dignité du travail, à la juste rémunération de l’effort humain, à la valorisation des compétences et à la reconnaissance de celles et ceux qui bâtissent la Nation chaque jour.
    Enfin, nous défendons la souveraineté nationale en restant ouverts aux vents féconds du monde : une patrie maîtresse de ses choix, fière de son identité, forte de ses intérêts et fraternelle dans la coopération entre les peuples.
    Chers camarades ;
    Nous sommes des Socialistes. Nous ne pouvons pas accepter un modèle où les inégalités se reproduisent de génération en génération. C’est précisément pour cela que notre engagement politique prend tout son sens. Cela nous oblige à défendre la justice sociale, pas seulement dans les discours, mais dans les actes. Cela nous oblige à défendre la solidarité, non comme un mot, mais comme une politique publique. Cela nous oblige à défendre l’égalité, non comme une promesse, mais comme une réalité à construire.
    Chers compatriotes
    Nous sommes réunis pour porter une alternative crédible, responsable et porteuse d’espérance. Une alternative fondée sur une conviction simple mais essentielle : le développement ne saurait avoir de sens, de légitimité ni de durabilité s’il n’est pas équitablement partagé entre tous les citoyens.
    Notre ambition est donc claire : bâtir un Sénégal où la croissance économique rime avec justice sociale, où la performance de l’État se mesure à sa capacité à réduire les inégalités, et où chaque citoyen peut vivre dignement du fruit de son travail.
    Mais ce projet ne pourra réussir sans un changement de méthode. Nous devons substituer à la politique des promesses la politique des résultats. Pour cela, il nous faut une gouvernance plus proche des réalités du terrain. Il nous faut une planification plus équitable des ressources nationales. Et il nous faut surtout une volonté politique ferme de corriger les déséquilibres existants. C’est cela, repenser le contrat social. C’est un choix de société. C’est un choix de justice. C’est un choix de dignité.
    Mesdames, Messieurs ;
    Ce Congrès constitue à la fois un moment de vérité et un puissant motif d’espérance. Un moment de lucidité collective où nous affirmons avec clarté, sérénité et détermination que les leviers peuvent changer, et qu’ils peuvent changer dans le sens du progrès, de la justice et de l’intérêt supérieur de la Nation.
    Pour cela, nous devons oser des ruptures profondes en traçant notre voie et affirmer notre identité. Car notre identité est notre force.
    C’est pourquoi, du haut de cette tribune, je lance à nouveau un Appel pressant aux socialistes de cœur et de raison.

Militantes, militants, chers camarades socialistes ;
Notre héritage, celui des bâtisseurs de cette Nation, nous impose aujourd’hui un devoir de vérité et une obligation d’action.
Socialistes du Sénégal ;
Le socialisme que nous portons doit redevenir l’espoir des Sénégalais. Nous devons proposer une alternative crédible, loin des populismes et des promesses sans lendemain. Nos illustres devanciers nous ont légué un État. À nous de lui redonner une âme socialiste.
Dans cet exercice de refondation, nous devons accorder une place centrale à la jeunesse, force motrice de notre combat et aux femmes, sève nourricière de notre action.

Chers compatriotes ;
Le pays fait face à des difficultés majeures. Entre les promesses du nouveau régime et les attentes sociales, le Sénégal a besoin d’une opposition unie. L’unité fait notre force, elle fera notre victoire.
Vive Taxawu Senegaal
Vive l’unité de l’opposition
Vive le Sénégal !

Auteur/autrice

info@maacktv.com

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