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On se rend compte de plus en plus que la jeunesse n’est pas prête à lâcher son leader Ousmane Sonko. Et jusqu’à nos jours, le leader de Pastef continue de bénéficier de la confiance des jeunes sénégalais, qui demeurent convaincus que le vrai changement ne peut venir que du camp de Pastef.
Il faut quand même accepter que ce pays a changé en profondeur, et bien avant l’arrivée de Pastef au pouvoir. Le terrain était alors déjà balisé pour l’émergence de nouvelles idées, qui remettent en cause fondamentalement le mode de fonctionnement de l’Etat et de la République. Les pratiques politiques qui étaient en cours dans le pays depuis les indépendances, et qui n’ont pas permis le développement, ont ainsi été interrogées, à l’aune du comportement de la plupart de nos politiciens, qui se sont très peu souciés de l’avenir du pays. Le Sénégal est ainsi entré dans une ère de transformation sociale et politique, qui augure la disparition de l’ordre ancien et l’émergence d’une nouvelle génération, qui bouleverse les rapports de pouvoir.
La présence massive de cette nouvelle jeunesse, qui casse les codes et rejette les anciennes pratiques qui sont insidieusement bousculées par la marche du temps, est une réalité avec laquelle il faut désormais compter dans les échéances électorales à venir. Il faut en tout cas savoir lire le bruit de fond qui surgit des entrailles de cette jeunesse rêveuse, qui continue de croire que le salut se trouve du côté de Pastef. Et n’importe comment, cette jeunesse qui suit aveuglément ou consciencieusement Pastef, -c’est selon- va imposer son hégémonie sur le reste du pays, et pour des années encore ! Le pays a changé et beaucoup changé, les anciens repères ont sauté, et de nouvelles valeurs se sont installées.
Le parti Pastef est ainsi venu au pouvoir dans un contexte qui annonce un changement d’époque, un tournant d’un moment de l’histoire, et une entrée en dissidence d’une jeunesse qui voit les choses autrement ! Et d’habitude, quand ça arrive, les gens ne s’en aperçoivent que très tard ! Dans le contexte actuel du pays, toute élection qui sera organisée sera à la faveur de ce parti, qui continue d’influencer cette jeunesse, et par ricochet l’opinion publique.
C’est ça la réalité du moment !
D’ailleurs, si Pastef tient à l’organisation des élections locales et législatives, c’est parce qu’il est presque sûr de les remporter. L’écrasante majorité des militants de Pastef est restée dans le parti. Et il faut encore compter avec l’effet multiplicateur et la grande capacité de ce parti à agir sur la conscience des masses populaires ! Il faut alors le dire, et sans détour, ceux qui pensent battre Pastef à travers les urnes n’y arriveront pas !
D’ailleurs, si ces élections se passent normalement -je veux dire à date échue et dans une transparence absolue-, Pastef restera encore majoritaire dans ce pays. Et même en cas de dissolution de l’Assemblée nationale, Pastef va encore remporter cette élection. Et le Président sera obligé de conjuguer avec le parti qui détient la majorité politique dans ce pays.
On parle souvent du pouvoir que la Constitution donne au président de la République, en simplifiant abusivement celui de l’Assemblée nationale ! Si le président de la République commet l’erreur de dissoudre l’Assemblée nationale, il le regrettera amèrement ! Le Président sera en tout cas très déçu au lendemain de cette élection. D’ailleurs, tous les régimes qui ont dissous l’Assemblée nationale avaient déjà une majorité politique dans le pays !
Quant à l’opposition, si elle n’aide pas les populations à mieux comprendre sa démarche, elle risque d’être la plus grande perdante de ces élections.
Qui gagne la bataille de la jeunesse gagnera à coup sûr les joutes politiques qui se profilent à l’horizon !
MASSAMBA DIOUK ITALIE
